Caraco de soie rose pâle posé sur du lin, une renoncule à côté, sur une table de travertin

Augmentation mammaire Preservé : ce que change la technique, et pour qui

Une incision de trois centimètres, une prothèse glissée devant le muscle sans y toucher, des suites plus légères : la technique Preservé arrive en France. Ce qu'elle change vraiment, à qui elle convient, et ce que l'on ne sait pas encore.

Chirurgie esthétique

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Ce qu'il faut retenir

  • Preservé est une technique d'augmentation mammaire par prothèses, mise au point par Establishment Labs, le fabricant des implants Motiva. Elle associe des instruments dédiés et les prothèses Motiva Ergonomix2.
  • La prothèse est placée devant le muscle pectoral, qui reste intact. Sa loge est créée en écartant les tissus avec un ballonnet, plutôt qu'en les coupant.
  • Le but : préserver la glande, les nerfs de la sensibilité du mamelon et les attaches internes du sein, pour des suites plus légères et une prothèse qui tient en place.
  • Elle se fait sous anesthésie locale, avec ou sans sédation. Vous reprenez vos activités dans la semaine, et le sport au bout de huit jours.
  • Elle convient surtout à une première augmentation, au volume modéré, quand les tissus du sein couvrent bien la prothèse. Comptez à partir de 7 500 €.
  • La technique est pratiquée depuis quelques années aux États-Unis, et maintenant en France. Les données publiées, menées avec le fabricant, couvrent trois ans, et les risques propres à toute prothèse demeurent.

Ce qu'est la technique Preservé

Preservé est une méthode de pose des prothèses mammaires mise au point par Establishment Labs, le fabricant des implants Motiva. Ce n'est pas une nouvelle opération : on pose toujours une prothèse en silicone. Ce qui change, c'est la façon de lui faire de la place.

Dans une augmentation classique, la loge de la prothèse est préparée en disséquant les tissus. Avec Preservé, elle est créée sans les couper : on ouvre un passage, puis on écarte progressivement la glande et les tissus jusqu'à obtenir une loge à la mesure de la prothèse. Trois instruments, propres à la technique, s'en chargent :

  • un séparateur à bout mousse, qui ouvre un tunnel jusqu'à l'emplacement de la prothèse en écartant les tissus ;
  • un ballonnet, gonflé peu à peu, qui repousse les tissus et dessine la loge en trois dimensions, à la mesure de votre thorax ;
  • un manchon d'insertion, qui fait glisser la prothèse dans sa loge par une petite incision, sans qu'elle soit touchée.

La prothèse est placée devant le muscle grand pectoral, qui n'est ni sectionné ni décollé. Ce sont des prothèses en silicone de la marque Motiva, de la gamme Ergonomix2 : la technique ne s'emploie qu'avec elles.

Ce que la technique cherche à préserver

Le nom de la technique dit son intention : abîmer le moins possible ce qui entoure la prothèse.

  • La glande mammaire, écartée plutôt que coupée.
  • Les nerfs qui assurent la sensibilité du mamelon.
  • Les vaisseaux sanguins, pour limiter saignements et ecchymoses.
  • Le muscle pectoral, qui garde toute sa fonction : il n'est pas décollé, et la prothèse ne bouge pas quand il se contracte.
  • Les attaches internes du sein, qui aident à maintenir la prothèse en place dans le temps.

Moins de tissus abîmés, c'est en principe moins de douleur et des suites plus courtes. C'est l'argument central de la technique, et c'est ce que décrivent les chirurgiens qui la pratiquent. Il reste à le mesurer dans des études qui la comparent aux techniques classiques : nous y revenons plus bas.

L'intervention, en pratique

L'incision mesure deux centimètres et demi à trois centimètres, cachée dans le sillon sous le sein. L'intervention dure environ une heure et se fait en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même.

Elle se fait sous anesthésie locale, avec ou sans sédation : un sommeil léger, qui n'est pas une anesthésie générale. Le choix se fait en consultation, avec vous.

Les suites sont légères : une gêne plutôt qu'une douleur, le plus souvent soulagée par des antalgiques simples. Vous reprenez vos activités dans la semaine, et le sport au bout de huit jours. La durée du port du soutien-gorge de maintien vous est précisée en consultation.

Le parcours, lui, ne change pas : deux consultations espacées de quinze jours, un devis et une fiche d'information remis dès la première, et le délai légal de réflexion de quinze jours avant l'intervention. S'y ajoutent une mammographie ou une échographie, une consultation d'anesthésie quand une sédation est prévue, et l'arrêt du tabac un mois avant comme un mois après.

Pour qui ?

Preservé convient surtout à une première augmentation, quand le volume souhaité reste modéré et que les tissus du sein sont assez épais pour bien couvrir la prothèse.

Cette dernière condition compte. Posée devant le muscle, la prothèse n'est recouverte que par la glande et la peau : chez une patiente très mince, ses bords peuvent se percevoir, et des plis ou des vagues apparaître. C'est l'examen en consultation qui permet d'en juger.

La technique est en revanche moins adaptée dans plusieurs situations :

  • un volume important, qui demande une loge plus grande et une meilleure couverture ;
  • des tissus trop fins pour couvrir la prothèse devant le muscle ;
  • une poitrine tombée, qui demande d'abord un lifting mammaire ;
  • une reprise de prothèses, quand une première intervention a laissé des cicatrices à l'intérieur du sein.

Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas encore

La technique est pratiquée depuis quelques années aux États-Unis, et maintenant en France. Les chiffres mis en avant, eux, viennent d'études menées avec le fabricant. La principale, publiée en 2026 dans l'Aesthetic Surgery Journal, a suivi 100 patientes pendant trois ans, sans groupe de comparaison. Elle porte d'ailleurs sur Mia, une technique sœur du même fabricant, qui utilise le même ballonnet : à trois ans, elle rapporte très peu de complications et de réinterventions.

C'est encourageant, mais trois ans, c'est court pour juger une prothèse, dont on surveille le comportement sur dix ans et plus. Il manque encore des études indépendantes qui comparent Preservé aux techniques classiques, sur la douleur comme sur la tenue du résultat.

Surtout, la technique change la façon de poser la prothèse, pas la prothèse elle-même. Les complications propres à tout implant restent possibles : coque péri-prothétique, rupture, déplacement de la prothèse. Un type de lymphome a par ailleurs été décrit avec certaines prothèses. La surveillance par imagerie reste la même qu'après toute augmentation.

Quant à la position devant le muscle, elle n'a rien de nouveau : c'est l'une des positions classiques de la prothèse, avec ses avantages (un muscle laissé intact, pas de mouvement de la prothèse quand il se contracte) et sa contrepartie, une couverture plus fine. Preservé change la manière d'y arriver, pas cet équilibre.

Preservé ou augmentation classique ?

Ce n'est pas une question de préférence, mais d'anatomie et de projet. Un volume modéré sur des tissus qui couvrent bien la prothèse se prête à Preservé. Un volume important, une peau fine ou une poitrine qui a besoin d'être remontée orientent vers une augmentation classique, derrière le muscle ou en dual plane, éventuellement associée à un lipofilling ou à un lifting.

Dans tous les cas, l'objectif reste le même : une poitrine naturelle et harmonieuse. La technique la plus récente n'est pas forcément la plus adaptée à votre cas, et c'est ce que la consultation sert à établir.

Le tarif

Une augmentation mammaire Preservé est à partir de 7 500 €, honoraires et frais de clinique compris. Le montant exact est établi en consultation, après l'examen : seul le devis personnalisé fait foi.

Comme toute augmentation mammaire à visée esthétique, elle n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie.

Questions fréquentes

Preservé, est-ce une marque ?
Oui. C'est le nom donné par Establishment Labs, le fabricant des prothèses Motiva, à sa méthode de pose, qui associe des instruments dédiés et ses propres implants. Les prothèses posées avec cette technique sont donc des Motiva.
La technique Preservé fait-elle moins mal ?
C'est ce qu'elle vise : les tissus sont écartés plutôt que coupés, et le muscle n'est pas touché. Les suites décrites sont plus légères, le plus souvent soulagées par des antalgiques simples. Aucune étude indépendante ne l'a encore mesuré face aux techniques classiques.
Quand peut-on reprendre le sport ?
Au bout de huit jours. Les activités du quotidien, elles, reprennent dans la semaine qui suit l'intervention.
Quelle cicatrice laisse-t-elle ?
Une incision de deux centimètres et demi à trois centimètres, cachée dans le sillon sous le sein.
Peut-on choisir n'importe quel volume ?
Non. La technique est pensée pour des augmentations modérées, et le volume possible dépend surtout de l'épaisseur de vos tissus, qui doivent couvrir la prothèse placée devant le muscle. Il se décide en consultation, après l'examen.
Combien coûte une augmentation mammaire Preservé ?
À partir de 7 500 €, honoraires et frais de clinique compris. Le devis personnalisé est remis dès la première consultation.
Est-ce remboursé ?
Non. Comme toute augmentation mammaire à visée esthétique, elle n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie.

Cet article a une visée informative. Il ne remplace pas un examen clinique : seule une consultation permet d'évaluer votre situation, vos antécédents et ce qui est réellement indiqué dans votre cas.

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