Détail d'un soutien-gorge de soie rose pâle, en lumière douce

Augmentation mammaire : prothèses ou lipofilling ?

C'est la question qui ouvre presque toutes les consultations de poitrine. Les deux techniques n'apportent ni le même volume, ni les mêmes cicatrices, ni les mêmes suites, et le choix tient moins à une préférence qu'à votre anatomie.

Chirurgie esthétique

Publié le
Relu le
Lecture
10 min

Ce qu'il faut retenir

  • La prothèse donne le volume que l'on décide. C'est la seule technique qui permette une augmentation importante.
  • Le lipofilling utilise votre propre graisse : l'augmentation est modérée, en général un demi à un bonnet, et le sein reste entièrement naturel.
  • Le lipofilling suppose d'avoir assez de graisse à prélever ailleurs. Sans zone donneuse, la technique n'est pas proposable.
  • 60 à 70 % de la graisse réinjectée reste en place. Passé trois mois, le volume est acquis, à condition que votre poids soit stable : la graisse transférée suit ensuite vos variations, comme un sein naturel.
  • Poitrine tombée : dans une ptose débutante, une prothèse peut suffire à regalber le sein. Au-delà, il faut un lifting mammaire, auquel on peut associer des prothèses ou de la graisse.
  • Comptez à partir de 5 000 € pour l'une comme pour l'autre, à partir de 6 000 € pour une augmentation composite. Un bilan d'imagerie est demandé avant l'intervention.

Ce que chaque technique permet

Les deux interventions augmentent le volume de la poitrine, mais elles ne répondent pas à la même demande. La différence tient d'abord au volume que l'on peut espérer.

  • La prothèse apporte le volume décidé ensemble en consultation. C'est la seule technique qui permette une augmentation importante, et c'est l'implant qui dessine la forme du sein.
  • Le lipofilling réinjecte votre propre graisse. L'augmentation obtenue est modérée, un demi à un bonnet en général, mais la poitrine reste naturelle de bout en bout, sans corps étranger.

La seconde différence est une condition d'accès : le lipofilling exige des réserves graisseuses suffisantes ailleurs sur le corps. Les zones donneuses sont repérées en consultation et choisies avec vous. C'est aussi ce qui fait le double bénéfice de la technique : la graisse aspirée sur les hanches, les cuisses ou l'abdomen n'est pas jetée, elle sert à la poitrine, et la silhouette s'affine dans le même temps.

Enfin, l'implant mammaire ne signifie pas poitrine exagérée : une poitrine naturelle et harmonieuse reste le premier objectif, quelle que soit la technique retenue.

L'augmentation par prothèses, en pratique

L'intervention dure environ une heure et demie, sous anesthésie générale, en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même.

Trois choix se font en consultation, en fonction de votre anatomie et de vos souhaits : la taille de la prothèse, l'emplacement de la cicatrice (à la bordure inférieure de l'aréole ou cachée dans le sillon sous-mammaire) et la position de l'implant par rapport au muscle pectoral (devant, derrière, ou en dual plane).

Avant l'intervention : deux consultations espacées de quinze jours, une mammographie ou une échographie, une consultation d'anesthésie, et l'arrêt du tabac un mois avant comme un mois après.

Les suites sont marquées par des douleurs modérées. Les pansements sont à refaire après la douche pendant deux semaines, le soutien-gorge de contention se porte six semaines, l'arrêt de travail est d'une à deux semaines et le sport reprend au bout d'un mois. Le résultat définitif s'apprécie à partir de trois mois, quand l'œdème a complètement disparu.

Ce qu'il faut savoir sur les implants

  • Le changement de prothèses n'est pas automatique à dix ans précisément ; à partir de ce stade, une surveillance attentive par imagerie est nécessaire.
  • Les prothèses mammaires n'augmentent pas le risque de cancer du sein et n'empêchent pas la surveillance ultérieure par imagerie.
  • Les effets sur l'allaitement peuvent différer selon la position de la prothèse par rapport au muscle.
  • Les complications spécifiques existent et sont expliquées en consultation : perception des bords de l'implant et plis ou vagues chez les patientes minces, rupture, coque péri-prothétique nécessitant un changement. Un type de lymphome a par ailleurs été décrit avec certaines prothèses.
  • Les implants relèvent d'une législation stricte, sous le contrôle de l'ANSM : toutes les prothèses ayant présenté un risque pour les patientes ont été retirées du marché à ce jour.

Le lipofilling, en pratique

L'intervention dure environ deux heures, sous anesthésie générale et en ambulatoire elle aussi. Elle se déroule en deux temps : la graisse est d'abord prélevée à la fine canule sur les zones convenues, puis purifiée et réinjectée dans les seins.

Les cicatrices sont quasi invisibles : un millimètre dans le sillon sous-mammaire, quatre millimètres sur les zones de prélèvement, placées discrètement. Une IRM est demandée avant l'intervention.

Les douleurs sont modérées et viennent surtout de la lipoaspiration : des courbatures et des ecchymoses sur les zones prélevées, pendant une quinzaine de jours. Une brassière se porte quatre semaines, une gaine ou un panty six semaines selon les zones aspirées. L'œdème met environ trois mois à se résorber.

Le résultat définitif diffère de ce que l'on voit en sortant du bloc : 60 à 70 % du volume réinjecté reste en place, le reste se résorbe naturellement. Une fois ce cap passé, le volume est acquis.

Avec une réserve, et elle compte : c'est un volume stable à poids stable. La graisse transférée reste de la graisse, elle se comporte comme un sein naturel et suit vos variations de poids, à la hausse comme à la baisse. Un amaigrissement important après l'intervention se verra donc sur la poitrine.

Les limites de la technique

  • L'augmentation reste modérée : un demi à un bonnet. Au-delà, la prothèse est la seule réponse.
  • Des kystes huileux peuvent apparaître dans les seins et nécessitent parfois un retrait sous anesthésie locale.
  • L'intervention n'est pas réalisée en cas d'antécédent de cancer du sein dans la famille proche (mère, sœur).
  • L'allaitement reste généralement possible : la technique est très conservatrice pour la glande.

L'augmentation composite : la prothèse et la graisse

Les deux techniques ne s'opposent pas : elles se combinent. C'est ce qu'on appelle l'augmentation composite : une prothèse pour le volume, et un lipofilling par-dessus pour adoucir les contours de l'implant et diminuer sa palpabilité.

L'indication est surtout intéressante chez les patientes minces, dont la couverture de tissu est fine et chez qui les bords de l'implant peuvent se percevoir. La question est posée en consultation, avec le choix de la prothèse.

Le tarif part de 6 000 €, sans plafond annoncé : la part de lipofilling varie d'une patiente à l'autre, et avec elle la durée de l'intervention.

Si la poitrine est tombée, tout dépend du degré

Après une grossesse, une perte de poids importante ou simplement avec le temps, la poitrine se relâche et se vide : le décolleté paraît plat, le sein s'affaisse, la peau se distend. C'est une ptose mammaire, et la réponse dépend de son degré.

Quand la ptose débute, une prothèse peut suffire : elle remplit le sein, remonte le décolleté et rattrape ce relâchement de début. C'est souvent ce qui est proposé après une grossesse, quand la peau a peu souffert.

Quand la ptose est installée, remplir ne remonte plus : l'excès de peau reste, et le sein garde sa position basse. Il faut alors un lifting.

Le lifting mammaire retire la peau en excès, remonte le sein et replace l'aréole au sommet. Pour les patientes qui veulent aussi gagner du volume, il s'associe très bien à des prothèses ou à une injection de graisse, dans la même intervention.

Autre cas de figure : une poitrine à la fois volumineuse et tombante, source de douleurs cervicales et dorsales. Il s'agit alors d'une réduction mammaire, qui diminue le volume et remonte le sein, et une prise en charge partielle par l'Assurance maladie est possible lorsque la réduction dépasse 300 grammes par sein.

Le parcours, de la consultation au bloc

Quelle que soit la technique, le calendrier est le même : deux consultations espacées de quinze jours, un devis détaillé et une fiche d'information remis dès la première, et le délai légal de réflexion de quinze jours entre la remise du devis et l'intervention. Ce délai est incompressible et il vous appartient.

S'y ajoutent le bilan d'imagerie (mammographie ou échographie pour les prothèses, IRM pour le lipofilling), la consultation d'anesthésie, et l'arrêt du tabac un mois avant et un mois après : c'est le premier facteur de risque sur lequel vous pouvez agir.

Le suivi est fixé à quinze jours, un mois, trois mois, six mois et un an. Les consultations ont lieu à Paris 7ᵉ ou à Versailles, l'intervention en clinique.

Les tarifs

Les montants ci-dessous sont indicatifs et s'entendent tout compris, honoraires et frais de clinique inclus. Seul le devis personnalisé remis en consultation fait foi.

  • Augmentation par prothèses : à partir de 5 000 €
  • Augmentation par lipofilling : à partir de 5 000 €
  • Augmentation composite (prothèses et lipofilling) : à partir de 6 000 €
  • Lifting mammaire : à partir de 5 000 €, 6 500 € avec des prothèses et 6 000 € avec un lipofilling
  • Réduction mammaire : à partir de 3 500 €

L'augmentation mammaire n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie, sauf dans de rares situations : absence de glande mammaire, malformation. Une demande d'entente préalable est alors adressée au médecin conseil. La réduction mammaire, elle, ouvre droit à une prise en charge partielle au-delà de 300 grammes retirés par sein.

Questions fréquentes

Prothèses ou lipofilling : quelle technique donne le résultat le plus naturel ?
Le lipofilling, puisque le sein est augmenté avec votre propre graisse et se comporte ensuite comme un sein naturel. Mais il ne permet qu'une augmentation modérée. Si le volume recherché est important, la prothèse est la seule réponse. Un résultat naturel reste alors possible : il dépend du choix de l'implant, de sa position et, si besoin, d'un lipofilling associé.
Combien de bonnets peut-on gagner avec un lipofilling ?
En général un demi à un bonnet. Le volume final tient compte de la résorption : 60 à 70 % de la graisse réinjectée reste en place, le reste est éliminé naturellement dans les trois mois.
Peut-on faire un lipofilling quand on est mince ?
Pas toujours. La technique suppose des réserves graisseuses suffisantes à prélever ailleurs. Les zones donneuses sont évaluées en consultation ; si elles sont insuffisantes, la prothèse, éventuellement en augmentation composite, est proposée à la place.
Faut-il changer ses prothèses tous les dix ans ?
Non, le changement n'est pas systématique à dix ans précisément. À partir de ce stade, une surveillance attentive des prothèses par imagerie est en revanche nécessaire, et un changement est décidé en fonction de ce qu'elle montre.
Peut-on allaiter après une augmentation mammaire ?
Après un lipofilling, l'allaitement reste généralement possible : la technique est très conservatrice pour la glande. Après la pose de prothèses, les effets peuvent différer selon la position de l'implant par rapport au muscle. Le point est fait en consultation, en particulier si un projet de grossesse est en cours.
L'augmentation mammaire est-elle remboursée ?
Non, hors situations rares : absence de développement de la glande mammaire, malformation, seins tubéreux ou asymétrie marquée. Une demande d'entente préalable est alors adressée au médecin conseil de la Sécurité sociale. La réduction mammaire, elle, est partiellement prise en charge au-delà de 300 grammes retirés par sein.
Combien de temps faut-il s'arrêter de travailler ?
Une à deux semaines pour une augmentation, par prothèses comme par lipofilling, et une quinzaine de jours pour une réduction, selon le métier. Le sport reprend au bout d'un mois dans tous les cas.

Cet article a une visée informative. Il ne remplace pas un examen clinique : seule une consultation permet d'évaluer votre situation, vos antécédents et ce qui est réellement indiqué dans votre cas.

Les interventions concernées

Consultations à Paris 7ᵉ & Versailles

Votre situation mérite un examen

Aucun article ne remplace une consultation : c'est en examinant que se décident l'indication, la technique et le calendrier.

Prendre rendez-vous